Démographie
: La
population d'Haïti était estimée à 6,65 millions
d'habitants en 1993, soit une densité de population assez forte
- plus de 250 habitants au km2 -, ce qui, compte tenu de la pauvreté
du pays, explique en partie l'émigration massive vers les pays
voisins. Environ 74 p. 100 de la population vit en zone rurale. La quasi-totalité
des Haïtiens (95 p. 100) descendent d'esclaves noirs, le reste
de la population étant constitué de mulâtres (issus
d'un métissage entre Africains et Français). Les rivalités
entre ces deux communautés ont fortement marqué la vie
politique depuis l'indépendance.
Découpage
administratif et villes principales :
Haïti est divisée en neuf
départements, dirigés par un préfet nommé
par le gouvernement. La capitale, Port-au-Prince, est de loin la ville
la plus importante du pays, avec 1 100 000 habitants. Les autres agglomérations,
bien plus petites, sont Cap-Haïtien au nord, Les Cayes, au sud
et Les Gonaïves à l'ouest.
Langue
et religion : La
Constitution de 1987 reconnaît le français et le créole
haïtien comme les deux langues officielles du pays. Les chrétiens
représentent environ 95 p. 100 de la population, mais beaucoup
d'Haïtiens pratiquent également le vaudou.
Éducation
:
L'enseignement est théoriquement obligatoire pour les enfants
âgés de 6 à 12 ans. Cependant, les infrastructures
font cruellement défaut et le taux d'analphabétisme est
l'un des plus forts au monde : 75 p. 100. Seul 1,2 p. 100 de la population
s'engage dans des études supérieures.
L'université d'Haïti, fondée en 1920, est située
à Port-au-Prince.
Culture
: La
culture haïtienne est riche des traditions africaine, française
et créole. La langue créole, les traditions et la religion
locales sont de plus en plus valorisées, avec, par exemple, l'émergence
d'un théâtre, de spectacles musicaux et de danses typiquement
créoles. Les sculptures de bois et les ouvrages de ferronnerie,
mais surtout la peinture, qui s'est beaucoup développée
après 1945, intéressent de plus en plus les collectionneurs.
Naïve, populaire et colorée, la peinture haïtienne
exalte la nature et le culte vaudou, et laisse une large place à
l'imagination.
Gouvernement
et vie politique : La
constitution qui régit la vie politique haïtienne date de
l'époque post-duvaliériste. Après la chute du dictateur,
un nouveau texte constitutionnel fut approuvé par référendum
en mars 1987. Le président de la République est élu
au suffrage universel pour un mandat de cinq ans. Il choisit son Premier
ministre au sein du parti qui détient la majorité au Parlement.
Le Parlement, bicaméral, comprend une Chambre des députés
de 77 membres et un Sénat de 27 membres, tous deux élus
au suffrage universel. Le système judiciaire est quasiment paralysé.
Il comprend des juridictions civiles, des tribunaux de paix, plusieurs
cours d'appel et une Cour de cassation. Le président nomme les
juges et dispose du droit de grâce. Les forces armées haïtiennes
comptent environ 7 400 hommes. L'armée, qui a longtemps dominé
la vie politique, fut en partie démantelée durant l'intervention
américaine de septembre 1994. En avril 1995, quelques mois avant
de céder le pouvoir, le président Aristide proposa la
suppression pure et simple de l'armée, qu'il considérait
comme un véritable "!cancer!". En réalité, on dut
se contenter d'une réduction de ses effectifs.
Économie
: Haïti
est l'un des pays les plus pauvres du monde et une partie importante
de sa population survit dans des conditions très précaires.
En 1994, le produit national brut (PNB) ne dépassait pas 1,75
milliard de dollars, soit 250 dollars par habitant (contre 21 740 dollars
pour la France). L'agriculture n'assure pas des revenus suffisants et
l'industrie se limite principalement à la transformation des
produits agricoles. La situation alimentaire des Haïtiens suscite
depuis bien des années l'inquiétude des organisations
humanitaires.
Agriculture
: Touchée
à la fois par la sécheresse et les tempêtes, l'agriculture
haïtienne (65 p. 100 des actifs) n'est pas aussi performante qu'elle
le pourrait, la surpopulation des campagnes ayant entraîné
l'épuisement des terres et une érosion considérables.
La plupart des fermes sont de petites exploitations familiales où
l'on pratique la culture vivrière (maïs, manioc, patates
douces, haricots, riz, plantain), des exploitations plus importantes
fournissant les rares produits exportables : sucre de canne, café,
sisal, cacao, noix de coco, tabac et coton. La pêche reste extrêmement
artisanale et le bois sert à la fabrication de produits artisanaux
(masques, sculptures) destinés essentiellement à l'exportation.
Mines
et industries : L'industrie
est en grande partie consacrée à la transformation des
produits agricoles : café, sucre et sisal. L'industrie manufacturière
produit essentiellement du textile, des matières plastiques et
du ciment. Quelques usines d'assemblage (matériel électronique
notamment) travaillent pour l'exportation. Les centrales hydroélectriques,
notamment sur le fleuve Artibonite, fournissent 70 p. 100 de l'énergie
nécessaire au pays.
Échanges
: Haïti
importe beaucoup (machines et produits manufacturés de base,
produits pétroliers, produits chimiques et dérivés)
et exporte assez peu (café, sucre, produits artisanaux, matériel
électrique, conserves alimentaires), aussi son déficit
commercial est-il considérable.
Le réseau routier, amélioré dans les années
1970, n'est pas toujours carrossable pendant la saison des pluies. L'aéroport
international est situé à Port-au-Prince, l'intérieur
du pays étant également desservi par les lignes nationales
haïtiennes. La monnaie nationale est la gourde, qui se divise en
100 centimes.